[Critique] Poupelle of Chimney town, de Yusuke Hirota

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Sorti en décembre 2020 au Japon, alors qu’en France on ne pouvait même pas espérer se rendre dans nos salles obscures, Poupelle of Chimney town doit sortir cette année à l’international. Il est l’adaptation d’un livre pour enfant datant de 2016.

Pays : Japon
Année de production : 2020
Durée : 1H40
Lubicchi vit seul avec sa mère dans une ville dont le paysage est parsemé de cheminées, à tel point que la fumée qui s’en émane cache constamment le ciel pour ceux qui vivent là bas. Il occupe un travail quotidien de ramoneur, ce qui lui permet de se rapprocher un peu plus du ciel. Son rêve, qui était également celui de son père disparu, serait de libérer le ciel de cette fumée constante et faire découvrir les étoiles ainsi que le monde environnant aux habitants de Chimney town. Son destin va changer le jour où il fait la rencontre d’un être formé de déchets, qui se sont assemblés autour d’un cœur de cristal tombé du ciel.

L’animation japonaise est bien présente cette année au festival d’Annecy, pour notre plus grand plaisir. Poupelle of Chimney town est une nouvelle adaptation de livre pour enfant, ce qui est un point commun avec d’autres œuvres présentées cette année. On notera tout de même la rapidité avec laquelle le film a suivi la parution de l’ouvrage de Akihiro Nishino, seulement 4 ans les séparent. L’auteur a d’ailleurs participé au projet en tant que producteur exécutif, mais il en a surtout écrit le scénario, ce qui, en général, promet une adaptation fidèle pour le grand écran. Bon je vous avoue que je n’ai pas eu l’occasion de feuilleter le livre d’origine et je ne puis donc vous en livrer un comparatif …

Concernant cette histoire justement, elle est très fortement orientée pour les enfants, le parti pris artistique aidant fortement pour l’occasion. Le petit Lubicchi, qui a perdu son père et vit seul avec sa mère, est relativement isolé et sans amis. Les plus jeunes vivant des situations similaires pourront donc facilement s’identifier au personnage principal. Notre héros fait la rencontre de Poupelle, qui est lui rejeté car assimilé à un monstre, pas étonnant que ces deux compères finissent attirés l’un par l’autre et se lient d’amitié. Le parcours des deux personnages sera par la suite agrémenté de quelques rebondissements, sans aller trop loin pour autant. Leur aventure les fera tout de même avancer sur le chemin du rêve de l’enfant et ils seront tous les deux amenés à faire évoluer leurs désirs et leurs craintes afin d’atteindre leur but.

Le parti pris du film concernant la partie esthétique colle très bien à l’univers dépeint. Un petit côté animé à la professeur Layton nous propose un rendu relativement agréable, notamment grâce à l’utilisation de la 3D. Les artistes ont par ailleurs réussi à créer une frontière relativement efficace entre les rendus et textures en 2D, en ajoutant astucieusement cette 3D. On se retrouve alors avec une impression de jeu vidéo, mais avec un niveau plus avancé et l’on peut se réjouir de la qualité visuelle que cela apporte à l’univers. Cette technique apporte donc plus de profondeur aux personnages, plus de détails aux décors et se justifie parfaitement dans le cadre d’une adaptation de livre graphique. Sur grand écran le résultat est bluffant et on en prend plein les yeux, notamment sur les scènes où l’on peut apercevoir la ville, si remplie de détails., ou les quelques séquences d’action qui se retrouvent sublimées par la technique employée.

L’histoire du film, étant une adaptation de livre, doit sans doute être relativement fidèle à l’œuvre d’origine, l’auteur ayant donc participé activement au projet. Il ne faut cependant pas s’attendre à un film avec un scénario très poussé, certains ne jugeant que par cela, mais nul doute que l’histoire de Lubbichi et Poupelle saura parfaitement contenter les plus jeunes et les moins difficiles d’entre nous. On retrouve également une constante de l’animation japonaise, la réflexion sur la place de la nature dans un monde où les villes gagnent de plus en plus de terrain sur la beauté des espaces qui les entourent. Petit bémol toutefois, comme il a également été observé avec d’autres films de la sélection d’Annecy 2021, on notera une petite longueur sur l’ensemble du film, mais qui n’enlève rien à la beauté du spectacle.

Poupelle of Chimney town est un film familial fort agréable qui saura plaire à un public large. La touche graphique est pertinente, bien réalisée et offre une petite touche d’originalité car elle est équitablement placée entre de la 2D et de la 3D. Le dosage est bien choisi pour pouvoir en prendre pleins les yeux tout en gardant la sensation de regarder un vrai film d’animation japonaise. Le récit reste tout de même assez enfantin et peut éventuellement rebuter une partie du public, mais le spectacle reste tout de même très intéressant !

l'auteur

Davy

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